Trois semaines sont passées depuis notre rentrée d'école à la maison et je voudrais faire un petit bilan de la situation car ce début d'aventure n'a pas été sans questionnement et apprentissage, surtout pour moi. Les enfants en sont ravis! Ils sont plus reposés, plus réfléchis, plus calmes. Ils ne souffrent pas du tout de ces nouveaux horaires scolaires mis en place dans le système publique car ils peuvent se lever plus tard, manger en famille à midi, faire des pauses au jardin toutes les heures et aller jouer avec les copains en fin de journée. Quoi de mieux pour un enfant??

J'ai vu très rapidement que Lou avait des lacunes en maths et que quand elle lit, ce n'est pas très fluide. Elle saute des mots, ne reconnaît pas certains. Elle doit réfléchir avant d'écrire un "S" ou un "5" car elle oublie dans quel sens il faut les mettre. Le médecin m'a dit qu'on voyait ça souvent chez les personnes ambidèxtres. Et en fait, Lou était ambidèxtres plus petites et l'est certainement toujours mais elle avait décidé qu'il valait mieux écrire avec la main droite. Je me rends compte que cette petite difficulté va entrer en jeu pendant sa scolarité. Elle ne va pas forcément apprendre facilement en utilisant des méthodes classiques. Il lui faudra la possibilité de voir et manipuler. Et il lui faudra plus de temps pour apprendre certaines choses. Le médecin a préscrit un bilan chez un orthophoniste afin de voir de quoi il s'agit vraiment et effectivement, on lui a décelé quelques difficultés. Elle utilise plus le côté droit de son cerveau.

Mais du coup, je me suis rendue compte à quel point un enfant peut "surfer la vague" à l'école, apprendre mais sans comprendre ou sans retenir. Le rythme reste soutenu et il y a donc forcément des enfants qui quittent une classe sans avoir vraiement compris plein de choses. Maintenant, il est vrai que l'école fonctionne en cycles et on peut espérer que les enfants arrivent à acquérir les bases avant la fin du cycle... Mais si ce n'est pas le cas? On entend souvent parler des enfants entrant en 6ème qui n'ont justement pas ces bases et du coup, en plus des stresses liés à l'adolescence, ces enfants doivent arriver à rattraper ces retards scolaires.

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On avait commencé avec La méthode Singapour des maths mais après les conseils d'une amie instit, j'ai commandé CAP maths pour les deux. Cette méthode est très ludique et utilise beaucoup de manipulation. Les enfants utilisent les réglettes de Cuisenaire afin de visualiser les calculs, de la fausse monnaie, du papier petits carreaux pour visualiser les calculs carrés. Bref, ils aiment beaucoup cette méthode et avancent en s'amusant.

Pour le reste, je continue avec un peu de ceci, un peu de cela. On est inscrits au "Passport pour l'aventure" ce qui tombe bien car en géographie, on est arrivé au stade de la découverte du monde. Le club coûte 20€ par an. Chaque mois on découvre un pays différent à travers des sites, des activités ludiques, la cuisine, la musique. Pour le français, j'utilise le manuel de grammaire de La librairie des écoles. On fait aussi leur livre de lecture suivie. Puis j'imprime des exercices du net. Il faut vraiment remercier tous ces instits qui partagent leur travail avec nous. J'ai trouvé des sites superbes pour des leçons et des exercices, des contrôles (ou je leur en fais!), des cartes, etc. Et puis, l'iPad offre plein de possibilités avec la multitude d'applications gratuites ou payantes (jamais chères). On utilise une app qui permet de construire son royaume du moyen âge. Il faut bien comprendre le fonctionnement du système féodale pour avancer. On utilise Pilipop pour l'anglais, une app "J'apprends à lire l'heure", iTooch primaire pour faire des exercices de maths et de français. Je trouve que le fait de varier le support (iPad, stylo/papier, ardoise, orale, jeu de société) aide les enfants à rester motivés.

Je me demande tous les jours comment les enfants peuvent supporter rester dans une classe toute la journée, en groupe, à écouter, à faire des exercices assis à un bureau, en étant toujours calmes et sages. Je sais que quand j'étais jeune, j'étais bonne élève, mais je détestais l'école. J'ai remarqué que le fait que je sois là, avec eux, à les aider en cas de difficulté, à les encourager et les féliciter quand ils réussissent, les motive enormément. Je vois s'ils ont bien compris. On a le temps de faire beaucoup de calcul mental, d'exercices afin de bien intégrer un concept. Aujourd'hui Sean calculait le nombre de carreaux sur une surface découpée. Il devait la partager en zones. J'en ai préparé plein et il a donc pu passer un bon moment à ce "jeu". Il n'y a plus de secret pour lui!

Mais je compte aussi les guider vers un travail beaucoup plus autonome car la vie va l'exiger. Il faut aussi les aider à developper un esprit plus libre et créatif car j'ai l'impression que cette partie de leur cerveau à été bloquée. Ils ont du mal à donner leur avis dans un contexte scolaire.

Ça fait énormément réfléchir tout ça....