Depuis le 15 novembre, on a le droit de vendre les kiwis français. Je ne peux pas le confirmé, mais la dame qui vend ses kiwis au marché le mardi, m'a dit qu'elle débutait sa saison ce jour-là, car, selon la règlementation Européenne, on doit attendre cette date avant de pouvoir vendre afin de privilégier les autres pays Européens producteurs (l'Italie par exemple). Mais je ne veux pas les kiwis Italiens! Mais pas grave, car de toutes façons, cette date marque aussi le début de la saison réelle dans ma région et je peux attendre.

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Devant moi, au marché, il y avait quatre bacs de kiwis... les gros calibrés, les moyens et les petits... puis... les pas beaux. Les kiwis un peu déformés, pas comme les autres, se vendaient nettement moins cher à 1€50/kilo. Je les ai donc achetés car ça m'est complètement égal si mon kiwi est parfaitement rond!
Alors, deux jours plus tard, je me trouve à une réunion du mouvement Slow Food dont je fais parti, et on parle des habitudes de consommation des français. On a reconnu que les gens ne veulent pas payer cher et qu'ils vont plutôt choisir un produit qui plaît esthétiquement, qu'un autre moins beau, même si dernier est peut-être meilleur au goût (moins de pesticides, produits chimique, interventions, qui rendent le fruit "parfait").
Ce matin, j'ai passé au moins 20 minutes à peler les kiwis pour mes cinq enfants qui aiment beaucoup ces petits fruits. Ils avaient le droit de choisir le leur. J'ai ouvert le sachet et ils ont pioché. Et là, j'ai bien rit car ils ont tous choisi un kiwi  le plus déformé que possible, invendable en supermarché, car ils ont énormément aimé les caractéristiques de ceux-ci, avec leur grosseurs, leurs bosses.


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La discussion qu'on a eu à cette réunion, puis la réaction de mes enfants en voyant les kiwis m'ont fait réfléchir sur le fait que nos habitudes, nos attentes, nos à priori se mettent en place petit à petit dès la plus jeune âge. Combien de fois j'ai pu entendre, "Mon enfant n'aime que des pâtes" et la maman ne donne donc que des pâtes par peur qu'il ne mange pas autre chose.
Chez nous, je pars du principe qu'un enfant ne se laissera jamais mourir de faim et que ce n'est que SI un aliment est présenté régulièrement et donc considéré comme bon, que l'enfant peux apprendre à le connaître et l'accepter. Je cuisine ce que j'ai envie de cuisiner et s'ils mangent pas, ça m'est égal. Mais petit à petit, je vois que des aliments que l'année dernière, ils ne mangeaient pas forcément, ils acceptent, et ils mangent.

Et les tomates multicolores, les kiwis bossés, les carottes jaunes qui s'embrassent, et bien, ils aiment!
Si nos enfants ne voient que ce qui est "parfait" et qu'on leur sert que ce qu'ils "aiment" ils vont croire que ça veut dire que c'est ce qui est acceptable. Si leur alimentation est tellement standardisée par une manque de variété et de différences, leur palais vont se stagner et ils ne vont pas être ouverts aux nouveaux saveurs. Ils ne vont acheter que les fruits et légumes "jolis".